Le Sénégal doit accélérer sa transition énergétique pour réduire son exposition aux chocs pétroliers. Cette dépendance pèse encore sur les finances publiques. En effet, la subvention énergétique atteindra 790,3 milliards FCFA (près de 1,4 milliard USD) en 2026, contre 250 milliards (environ 433 millions USD) prévus initialement.
Le choc pétrolier explique cette forte révision. Cette situation renforce l’intérêt financier d’une transition vers des sources moins exposées aux marchés fossiles.
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Le gaz, une étape vers un système moins carboné
Dakar développe une stratégie « Gas to Power » pour remplacer progressivement le fioul lourd par le gaz domestique. Cette substitution peut réduire le coût de production électrique à court terme. Le gouvernement mise notamment sur les ressources de GTA et Yakaar-Teranga.
Le gaz ne constitue toutefois pas une énergie bas carbone. Son rôle reste celui d’un combustible de transition. Il peut accompagner la montée du solaire et de l’éolien. Les centrales à gaz apportent une production pilotable lorsque les renouvelables fluctuent.
Cette complémentarité permettrait de limiter l’utilisation du fioul. Elle peut aussi préparer progressivement un système électrique moins carboné.
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Près de 11 milliards USD pour changer d’échelle
Le véritable enjeu financier se situe dans les investissements verts. Dakar estime à plus de 6.200 milliards FCFA (environ 10,74 milliards USD), les besoins de sa transition énergétique. Le pays vise 40% d’énergies renouvelables dans sa capacité installée d’ici 2030. Le financement climatique devra couvrir une partie de cet effort.
Le partenariat pour une transition énergétique juste prévoit déjà 1.640 milliard de FCFA (environ 2,8 milliards USD) de financements nouveaux. Le besoin national dépasse toutefois cette enveloppe. Le Sénégal cherche donc à attirer davantage de capitaux concessionnels et privés.
Le Fonds Vert Énergie, porté par le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS), constitue un instrument destiné à catalyser ces investissements. Il cible notamment les projets renouvelables et d’efficacité énergétique.
Transformer les économies fossiles en capital climatique
La stratégie repose désormais sur un arbitrage financier. Le gaz peut réduire rapidement la facture de production électrique. Les économies dégagées peuvent ensuite soutenir des investissements dans le solaire, l’éolien, le stockage et l’efficacité énergétique.
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Cette approche rapproche politique énergétique et finance climatique. Elle permet aussi de réduire progressivement l’exposition du budget aux fluctuations des hydrocarbures. Le Sénégal devra cependant éviter une dépendance durable aux infrastructures gazières. Les nouveaux actifs devront rester compatibles avec sa trajectoire de décarbonation.

